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L'EQUIPE OZED
Publié le 29/03/2017

Interview // Paul Serin (kiteboard) : d'une rupture des ligaments au championnat de France

Publié le 11/08/2017

Interview // Paul Serin (kiteboard) : d'une rupture des ligaments au championnat de France

Victime d'une lourde blessure en fin d'année, Paul Serin, triple champion de France de kiteboard et membre de la famille OZED, a pris le temps de répondre à nos questions. L'occasion pour lui de revenir sur son parcours depuis ce jour fatidique de décembre, mais aussi de nous dévoiler ses projets pour la suite !

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OZED : Salut Paul, peux-tu te présenter rapidement pour nos internautes qui ne te connaissent pas encore ?

Je m’appelle Paul Serin, j’ai 23 ans et je suis originaire du sud de la France, de Béziers plus exactement. Je pratique le kite depuis maintenant 13 ans et je suis professionnel depuis 2014.

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Tu t’es blessé au genou courant décembre 2016, peux-tu nous rappeler ce qu’il s’est passé ? 

Yes, lors de la finale du tour mondial 2016 en Nouvelle Calédonie, sur une réception d’un saut, je me suis fait une rupture du ligament croisé antérieur et fissures des deux ménisques. Sur le coup je n’y croyais pas, on a toujours envie que ce soit juste un mauvais rêve et qu’on va se réveiller à un moment.

Mais quand le médecin m’a fait le test et que j’ai vu mon tibia monter au-dessus de mon genou, j’ai compris que c’était vraiment cassé. Une fois en France j’ai fait une IRM où on pouvait clairement voir les deux bouts de ligaments qui se baladaient dans mon genou. C’était le 22 décembre, et le chirurgien m’a dit :

« Demain c’est mon dernier jour avant les vacances, soit je t’opère demain, soit dans 1 mois »

J’étais encore jetlagué du voyage, je n’ai même pas réfléchi et j’ai dit « banco ». Le 23 décembre j’étais au bloc, et le 24 chez moi allongé sur mon lit sous médicaments pour atténuer la douleur. Je m’en souviendrai de ce Noël.  

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Du coup les 6 premiers mois de 2017 ont été consacrés à ta rééducation, c’est bien ça ? Qu’est ce qui a été le plus difficile pour toi ? 

Voilà, le premier mois je ne pouvais pas poser le pied par terre pour ne pas abimer les sutures méniscales. Donc béquilles et cloche-pied, le plus dur c’était de ne pas pouvoir conduire ou me déplacer correctement. Heureusement j’avais ma famille et mes amis autour de moi pour m’aider.

De janvier à mai mon quotidien se résumait à kiné le matin et musculation l’après-midi. J’ai la chance d’avoir un kiné qui aime la mer autant que moi, du coup on a repris le paddle assez vite en complément du reste. Rien que le fait d’être sur l’eau m’a fait un bien fou. C’était ça le plus difficile en fait, de ne pas pouvoir être au bord de l’eau, je suis passé tellement vite d’un état parfait où j’étais à fond sur l’eau à un état de souffrance sur un lit. Au début j’avais du mal à réaliser ce qu’il m’arrivait.

Puis après j’étais tellement concentré dans tout ce que je faisais que je n’ai pas vu le temps passer.

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Chaque sportif qui se blesse à des anecdotes sur sa rééducation : quel(s) conseil(s) peux-tu donner à la famille pour faciliter ces périodes compliquées ? 

C’était une première pour moi ce type de blessure, mais dans le sport de haut niveau elle est malheureusement assez courante. J’ai beaucoup de copains à qui il est arrivé la même chose et qui sont revenus plus forts à chaque fois.

C’est ce que je me suis dit tous les matins en me levant, tout ce qui ne tue pas rend plus fort ! J’ai gardé la tête haute, je n’ai jamais baissé les bras et surtout je me suis forcé à toujours me fixer des objectifs atteignables. Les minutes sont devenues des heures et les heures des jours, et en un clignement d’œil j’étais à nouveau sur l’eau.

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Le plus dur est désormais derrière toi ! Maintenant place à la suite, et aux compétitions qui arrivent. Quel a été ton programme de préparation ? On a pu voir sur les réseaux sociaux que tu as été en Grèce mi-juillet pour t’entrainer. Ça s’est bien passé ? 

J’ai repris le kite assez tôt au final car j’avais des photoshoots avec mes sponsors, même si je n’étais pas à 100% sur l’eau c’était tellement bon de rider et d’envoyer à nouveau des tricks. Le genou a super bien tenu, aucune douleur, aucun gonflement, j’étais content parce que j’avais une petite appréhension avant de partir là-bas.  

L’entrainement à proprement parler a repris en Grèce, où les conditions sont parfaites à cette période de l’année. Les tricks sont revenus plus vite que je ne l’imaginais, il faut maintenant que je peaufine un peu et que je continue sur cette phase ascendante, tout en essayant de retrouver la régularité que j’avais avant. L’important c’est de progresser à chaque session, de ne jamais faire marche arrière.

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Et quels sont tes projets ? Tu nous parlais en off de Dunkerque et de la Hollande ? C’est bien ça ? 

C’est ça, mon retour à la compétition se fera à Dunkerque pour le Championnat de France du 11 au 15 aout, et mon retour sur le tour mondial en Hollande mi-septembre. Je sais que ce ne sera pas une tâche facile mais au fond de moi j’en ai envie, la compétition m’a toujours boosté et je suis en manque de boost là !

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Pas trop d’appréhensions vis-à-vis de la concurrence, et surtout de ton genou ? Quel rank vises-tu, et quel concurrent te fait le plus « peur » ? 

J’ai une position d’outsider du coup, personne ne sait trop comment je vais rider à mon retour mais moi je le sais et je sais que j’ai une motivation de dingue. Je n’ai peut-être pas encore toute la confiance que j’avais avant de me blesser mais j’ai une envie de bien faire qui dépasse tout ce que l’on peut imaginer.

Il y’a une phrase en anglais que j’adore : « take the risk, or lose the chance ». C’est exactement ce que je vais faire à mon retour à la compétition.

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La question d’actualité : le championnat de France à Dunkerque accueillera une démonstration de Kiteboard CRX*. Que penses-tu de cette variante du kiteboard ? Et ses chances d’accrocher les Jeux-Olympiques ?

J’ai un avis un peu partagé à ce sujet, je ne sais pas trop si c’est une bonne chose ou pas. Quand je vois la planche à voile aux JO je me dis que ce n’est pas vraiment la plus belle des disciplines alors que le funboard est bien plus spectaculaire… J’ai un peu peur que le kite devienne pareil, mais seul l’avenir nous le dira. Sinon j’adore les JO c’est vraiment un évènement magique pour un sportif et je serais fier d’avoir mon sport représenté là-bas peu importe la discipline.

* Le kiteboard CRX est une discipline pressentie pour les prochains Jeux olympiques Jeunes 2018 en Argentine. Il s'agit d'ne compétition en monotypie, avec une régate dans laquelle tous les supports sont identiques : la planche, le foil mais aussi l'aile.

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La question du staff OZED : en tant que membre de la famille Ozed Family, tu nous as confié que tes lunettes préférées sont les « MALCOM » : bois de Santal aux reflets ébènes, en hommage au très célèbre Malcolm X. Pourquoi ce modèle ?

J’ai toujours aimé les lunettes un peu décalées, et je trouve le bois magnifique sur ce modèle. Je les porte à la plage ou en ville sans aucun problème, et c’est avant tout ce que je recherche avec des lunettes.

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Paul SERIN - Ozed

En attendant le retour des Malcom, courant août, Paul porte notre modèle Zenith

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Le « quel est » :

Ton spot de kite préféré ? Gruissan 

Ton meilleur souvenir ? Ma première victoire en championnat de France senior

Ta plus grande peur ? Rester bloqué sous l’eau

Ton trait de caractère principal ? Fonceur

L’endroit où tu te retires pour réfléchir aux grandes questions ? Le large, je tire un grand bord et quand je suis seul avec juste de l’eau autour de moi, je peux crier, parler ou penser à ce que je veux.

 

La question qui dérange : tu as aujourd’hui 23 ans. Imaginons que le destin te fasse mourir à 64 ans, tu as deux possibilités :

  • Soit ne plus jamais remettre le pied sur un kite et vivre 20 ans de plus 
  • Soit continuer ton sport et vivre 20 ans de moins 

Que choisis-tu ? Pourquoi ?

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Je choisis sans hésiter de continuer mon sport et de vivre 20 ans de moins. A quoi bon vivre si je ne suis pas heureux, ou du moins si je ne peux pas faire la chose qui me rend le plus heureux au monde ! Je préfère la qualité à la quantité et pour moi vivre chaque jour à son maximum est la chose la plus importante !

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// Toute l'équipe OZED remercie Paul pour le temps consacré à nos questions, et lui souhaite beaucoup de réussite dans les compétitions à venir !

« Take the risk, or lose the chance »

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Pour suivre Paul :

  • Interview // Paul Serin (kiteboard) : d'une rupture des ligaments au championnat de France